
L’informatique a entraîné un changement profond
de nos habitudes, y compris dans le monde du travail. Elle crée de nouvelles
contraintes, d'autant que cette technique est souvent implantée dans des locaux
non prévus à cet effet. Cette situation, souvent difficile à étudier, soulève
de multiples problèmes, réels et identifiables ou moins évidents. Il en résulte
des plaintes et des questions sur les effets sur la santé du travail sur écran
de visualisation
Si le travail sur écran ne peut être étiqueté comme dangereux,
il peut être la source d'une pénibilité certaine.
Le médecin du travail se doit
d'y apporter des réponses et des actions appropriées.
Le travail sur écran ne nuit pas à la santé de l'opérateur, mais il peut engendrer des troubles si le poste de travail n'est pas adapté. Les personnes concernées (ophtalmologistes, ergonomistes, médecins du travail...) considèrent en règle générale qu'il y a travail sur écran dès qu'une personne passe plus de 4 heures par jour devant un écran de visualisation. Le temps de travail n'est cependant pas un élément suffisant et la nature et les conditions du travail jouent un rôle important dans la survenue de troubles divers. En matière de travail sur écran, comme dans tout autre domaine, la prévention joue un rôle essentiel.
Le travail sur écran peut engendrer de la fatigue
visuelle
Le travail sur écran sollicite fortement la vision. Le regard se
déplace plus ou moins rapidement, et se porte sur les documents, le clavier
et l'écran. Ce travail met en jeu les mécanismes physiologiques d'accommodation,
d'adaptation et de convergence.
La fatigue visuelle n'est pas une maladie.
Il s'agit d'un ensemble de symptômes réversibles que l'on regroupe sous ce terme:
signes oculaires (sensation de lourdeur, picotements, brûlures, rougeur des
globes oculaires ou des paupières ), signes visuels à type de difficultés de
perception (vision trouble ou voilée, myopie temporaire, quelque fois vision
double ), signes généraux plus banaux (céphalées frontales, sensations vertigineuses...)
La fatigue visuelle sera d'autant plus marquée
que le poste est peu ergonomique. La préexistence d'un défaut visuel non corrigé (voir
dépistage)
augmentera aussi la fréquence des symptômes oculaires. Quoi qu'il en soit, tous
ces symptômes disparaissent avec du repos.
Le travail sur écran peut provoquer des troubles
musculo-squelettiques (TMS).
Le travail sur écran impose une posture statique
et des gestes répétitifs. Ce phénomène engendre d'autant plus de troubles douloureux
(tendinite, bursite, syndrome canalaire) que la posture est peu ergonomique.
Les muscles et tendons touchés sont essentiellement ceux de la nuque, des épaules,
de la région lombaire, des poignets et des mains .
Le travail sur écran est un facteur de stress
Le travail sur écran peut engendrer du stress,
qui peut se traduire par des troubles émotionnels et psychosomatiques pouvant
nuire à l'efficacité de l'opérateur. La composante mentale de la charge de
travail est très complexe, un certain nombre de facteurs jouant un rôle déterminant
(formation, expérience, adéquation du logiciel, pression du temps…).
Le travail sur écran fait-il baisser la vue?
A ce jour aucune étude n'a conclu à l'apparition
d'effets pathologiques visuels liés au travail sur écran.
Les femmes enceintes doivent-elles éviter de
travailler devant un écran ?
A ce jour aucune étude épidémiologique n'a établi
de relation entre le travail sur écran et l'évolution des grossesses (pas de
risque d'avortements spontanés
ou de malformations).
Les rayonnements émis par les écrans sont-ils
dangereux ?
Aucune enquête épidémiologique n'a démontré que
les rayonnements émis constituaient un danger pour la santé. Les mesures montrent
que les niveaux de ces rayonnements sont très inférieurs aux valeurs limites
d'exposition admises (par exemple, pour les UV, un mois de travail à plein temps
devant un écran équivaut à une minute au soleil).
Des problèmes dermatologiques surtout au niveau du visage (rougeurs, picotements, démangeaisons…) ou le syndrome de l'œil sec (manque de larmes provoquant des sensations de brûlures ou d'irritation) semblent sans relation causale avec le travail sur écran. Il faudrait plutôt incriminer la climatisation, qui assèche l'air ambiant, la présence de polluants dans l'air (poussière de papier, fumée de cigarette, moquette non entretenue…). Il existe cependant chez certaines personnes une sécheresse oculaire liée à l'insuffisance des clignements, améliorable par l'utilisation de collyres spécifiques et la réacquisition du reflexe de clignement.
Un travailleur ne peut être affecté à des travaux sur écran de visualisation que s'il a fait l'objet d'un examen préalable et approprié des yeux et de la vue par le médecin du travail. Cet examen doit être renouvelé à intervalles réguliers et lors des visites médicales périodiques. L'employeur est tenu de faire examiner par le médecin du travail tout travailleur se plaignant de troubles pouvant être dus au travail sur écran de visualisation. (Décret n° 91-451 du 14 mai 1991, Chapitre IV : Surveillance médicale, Art. 6).
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Le médecin du travail doit effectuer un examen préalable et approprié des yeux et de la vue de chaque travailleur avant qu'il ne soit affecté à des travaux sur écran. Il s'agit là d'un examen de dépistage des anomalies, qui comprend un contrôle de l'acuité visuelle, des phories et, s'il y a lieu, de la vision stétéoscopique et de celle des couleurs. Si les résultats de ces examens médicaux le rendent nécessaire un examen supplémentaire et approfondi des yeux et de la vue est pratiqué par un ophtalmologiste sur proposition du médecin du travail. |
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Au terme de ces examens une correction peut se révéler indispensable. Dans la mesure où le dispositif de correction bénéficie à l'intéressé dans sa vie courante et qu'il est suffisant pour assurer de façon satisfaisante le travail sur écran, il est à la charge financière du travailleur sauf si l'employeur décide d'en supporter une partie, voire la totalité. A contrario, si un dispositif de correction normal ne permet pas l'exécution du travail sur écran dans de bonnes conditions et que d'éventuels aménagements du poste de travail s'avèrent inopérants, le travailleur doit alors bénéficier d'un dipositif de correction spécial, qui étant exclusivement en rapport avec le travail concerné est en conséquence à la charge financière de l'employeur. Les dispositifs qui facilitent la vision progressive ne seront pas considérés comme des dispositifs spéciaux au sens du décret. Quand l'utilisation d'un dispositif de correction spécial s'impose et qu'il est techniquement possible de l'intégrer à un dispositif de correction normal, seul le surcoût de ce dispositif de correction mixte est à la charge de l'employeur (Circulaire DRT n° 91-18 du 4 novembre 1991).
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Page réalisée pal le Dr ACQUARONE
Denis , CMTI, NICE
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