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Rappel des textes
Un arrêté de 1977 soumettait déjà les salariés travaillant sur écran à une surveillance médicale spéciale.
Une directive européenne du 29/05/90 a établi des prescriptions minimales de sécurité et de santé pour ces mêmes travailleurs.
Un décret du 14/05/91 a transposé en Droit Français les dispositions de cette directive.
Une circulaire d'application du 04/11/91 a précisé les termes de ce décret.
Au sens de ce décret on entend par écran de visualisation un écran alphanumérique ou graphique quel que soit le procédé d'affichage utilisé (sont exclus : les postes de conduite de véhicules ou d'engins, les portables dès lors qu'ils ne font pas l'objet d'une utilisation au travail, les machines à calculer, les caisses enregistreuses, les agendas, les machines à écrire à fenêtre).

Ce décret réglemente :
L'équipement du poste de travail  
Les conditions d'ambiance du poste de travail   
L’organisation du travail sur écran (pauses, formation…)
La surveillance médicale

    
L'agencement des différents composants du poste de travail sur écran est dicté par les exigences visuelles de la tâche. Le travail sur écran est source de gêne si l'affichage est difficile à lire(contraste insuffisant, reflets ) et s’il est mal placé par rapport à l'opérateur.

 L’écran.
Dès l'achat du matériel informatique, prévoir un écran de bonne qualité et de taille adaptée au travail à réaliser (17’’ ou plus) avec une carte graphique assurant une absence de scintillement (fréquence verticale supérieure à 75 Hz), traité d'origine contre les reflets, avec réglage aisé de la luminosité, du contraste et de la surface d’affichage (on veillera à réduire le plus possible la « bordure noire ». Un affichage sur fond clair est à privilégier (contraste positif) car il est moins fatigant pour la vue qu'un affichage sur fond sombre. Eviter les couleurs saturées au profit de teintes pastel.
Un écran plat est préférable pour les travaux de bureautique: à taille égale, superficie d'affichage supérieure, absence de scintillements et de reflets procurent un confort visuel supérieur aux écrans cathodiques. De plus, leur faible encombrement permet de mieux utiliser l'espace de travail. Leur coût légèrement supérieur aux cathodiques est très vite compensé par leur consommation électrique, en moyenne 3 fois moindre.
L’écran doit être dépoussiéré avec des chiffons secs non pelucheux et un aérosol d'air comprimé.
Il doit impérativement être orientable latéralement et inclinable, avec possibilité de réglage en hauteur (pied ou table réglables). Il faut le pencher légèrement en arrière, le haut du moniteur étant au niveau des yeux, ou en-dessous si l'opérateur est presbyte. La distance œil-écran conseillée est de 50 à 70 cm (bras tendu au maximum, les doigts effleurent l’écran).
Le clavier, dissocié de l'écran, doit être de faible épaisseur (4 cm maximum, peu incliné). Ceci permettra d’éviter une extension des poignets lors de la frappe, les touches devant être faciles à enfoncer. L'espace devant le clavier doit être suffisant (10 à 15 cm) pour pouvoir y poser les poignets. Ces claviers doivent être de couleur mate, avec des caractères bien visibles.
La taille et la conception de la souris doit être adaptée à la taille et la latéralité de la main. Utiliser un tapis de souris et nettoyer celle-ci régulièrement.

Lors de la saisie de documents, l'activité principale de l'opérateur consiste à lire les informations écrites sur papier. Si ces documents sont posés à côté du clavier, l'opérateur doit tourner et baisser la tête pour cela. L'utilisation d'un porte-copie stable et réglable réduit considérablement la fatigue musculaire au niveau des épaules et du cou.
On fera en sorte que les distances oeil-écranr et oeil-portecopie soient à peu près égales

 Le plan de travail
Tout ce matériel sera posé sur un plan de travail dont les surfaces doivent être assez grandes (profondeur minimum de 70 cm) pour disposer  tout le matériel accessoire (téléphone...), surfaces mates non réfléchissantes et de couleur douce.
La table supportant l'écran doit permettre d'installer celui-ci à une bonne distance de lecture (40 à 70 cm), le dégagement total en profondeur étant d'au moins 70 cm.
La hauteur de l'écran doit  permettre une direction du regard inclinée vers le milieu de l'écran de 20° à 30° au dessous du plan horizontal passant au niveau des yeux,
La hauteur de la table doit permettre d'obtenir une distance de 72 à 75 cm entre le clavier et le sol. De ce fait, l'opérateur, lors de la frappe, aura un angle optimal bras/avantbras de 90° à 100°.
Enfin, un dégagement libre sous le plan de travail de 50 cm est nécessaire pour un bon confort postural.

 Le siège
Le siège doit être choisi et réglé en fonction des caractéristiques physiques de l'utilisateur.
Les réglages (hauteur et inclinaison du dossier, assise ) doivent pouvoir être effectués sans quitter le siège et aboutir à une posture correcte et confortable : le dos doit être soutenu sur toute sa longueur par le dossier réglable en hauteur (environ 50 cm), dos droit ou légèrement en arrière. La tête est droite ou légèrement penchée en avant
Profondeur de l’assise (38 à 42 cm) permettant à l'opérateur de s'asseoir au fond du siège sans que le bord avant n'exerce de pression à l'intérieur des genoux
L'assise doit avoir un bord antérieur légèrement arrondi et un léger renflement sur le bord postérieur.
La hauteur de l'assise (42 à 51 cm) doit laisser un écart suffisant entre l'assise et le plan de travail pour les genoux ( au moins 15 cm), genoux qui ne doivent pas être plus hauts que les hanches, l'idéal étant des cuisses horizontales (avec une distance optimale de 20 à 25 cm entre la paume des mains et le dessous des cuisses).
Ainsi, les pieds reposent à plat sur le sol (ou mieux, sur un repose-pieds), l'angle du coude est droit ou légèrement obtus, les avant-bras sont proches du corps et la main est dans le prolongement de l'avant-bras (les accoudoirs sont en général déconseillés car limitant la liberté de mouvement des bras).
Le piètement sera stable (5 branches, éventuelles roulettes avec frein).
Le rembourrage du siège sera ferme, offrant un bon appui, Le revêtement sera en tissu poreux permettant une circulation de l'air
Les sièges avec appui sur les genoux sont à éviter.

 Le repose-pieds
Un repose-pieds sera mis à la disposition des travailleurs qui en font la demande. Il permet d’obtenir une position correcte des jambes (cuisses horizontales, pieds à plat) et de bien positionner la colonne vertébrale, notamment chez les personnes de petite taille. Ce repose-pieds doit être assez large (40 cm au moins), stable et inclinable, avoir une surface antidérapante et une hauteur réglable (5 à 15 cm). Pour les postes comportant des commandes au pied, il est judicieux d'intégrer celles-ci dans le repose-pieds.

 Agencement du poste de travail.
Placer le mobilier de façon à ce que l'écran soit perpendiculaire aux fenêtres et à une distance de 2 mètres au moins, essayer de ne pas mettre l'écran à moins de 2 mètres d'un mur, de tel sorte que lorsqu'on lève le regard, l'oeil puisse se reposer de son accommodation de près, le poste ne devrait pas se situer directement sous un plafonnier mais plutôt entre deux rangées de luminaires
Veiller à offrir assez d'espace aux opérateurs pour qu'ils puissent bouger, changer de position, étendre leurs jambes, accéder aisément à leur documents...

Cas particulier du poste debout
Dans le cas où l'opérateur travaille debout, il faut adapter le poste de travail à sa taille (plan de travail à hauteur de coude, haut de l'écran au niveau du regard, repose-pied escamotable pour transférer le poids du corps d'une jambe à l'autre.
Un siège approprié est mis à la disposition de chaque travailleur à son poste de travail ... (R. 232-4 CT).

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 L'éclairage des locaux de travail
Une fois le poste de travail bien équipé et correctement installé, il faut s'occuper de l'éclairage. Celui-ci doit permettre à la vision de s'effectuer correctement, tant en performance qu'en confort. L'important est d'éviter toute source d'éblouissement (source trop brillante dans le champ visuel) et tout reflet parasite sur l'écran (les filtres ne  constituent une solution anti-reflet que lorsque ceux-ci ne peuvent être maîtrisés autrement. Vérifier alors qu'ils les réduisent effectivement sans trop nuire à la lisibilité de l’écran). Ils sont inutiles dans tous les autres cas.

L'éclairage naturel
En règle générale, il faut éviter de placer des terminaux dans des locaux à surface vitrée importante (plus de 25% de la surface au sol ). Il est souhaitable d'éloigner au maximum les écrans des prises de jour et il ne faudrait jamais les placer face ou dos aux surfaces vitrées (éblouissements/reflets ), mais les disposer de manière à ce que la direction du regard soit parallèle aux prises de jour. Il est nécessaire de prévoir une protection solaire, modulable en fonction de l'ensoleillement ( stores intérieurs à lamelles horizontales). Dans les grands locaux paysagers à surface vitrée importante des cloisons mobiles d'une hauteur suffisante pourront masquer les zones à forte luminosité.

L'éclairage artificiel complète l'éclairage naturel.
Il peut être direct (les points d'éclairage seront bien répartis, les rangées de luminaires étant parallèles aux fenêtres et les postes installés entre ces rangées pour recevoir la lumière latéralement, sans avoir de source lumineuse visible dans un angle de 30° au dessus du niveau des yeux. Des luminaires ayant un bon indice de rendu des couleurs et équipés de grilles de défilement distribuent mieux la lumière. Un modulage de l'intensité est souhaitable.
L’éclairage indirect est un bon moyen, à condition que la lumière réfléchie par le plafond soit uniforme.
Il est très intéressant dans les petits locaux, avec un éclairage localisé associé si nécessaire.
Il faut tenir compte du fait que l'opérateur utilise non seulement l'écran mais qu'il doit lire d'autres documents. Un éclairage d'appoint est quelque fois nécessaire. Des lampes à bras réglables, situées derrière ou sur le côté de l'opérateur peuvent être une bonne solution.
Dans tous les cas, les sources lumineuses ne doivent pas être visibles directement par l'oeil.
Tous les éléments brillants (table vernie ou recouverte par une glace...) sont à éviter.
Il n'est pas inutile de rappeler que le confort visuel peut être amélioré par une recherche de couleurs ambiantes équilibrées.

Le médecin du travail peut gratuitement participer aux études de création et/ou aménagement des postes de TEV.
Il dispose pour cela d'appareils de
mesures (luxmètre, luminancemètre...). ) Il aidera à  trouver un niveau d'éclairement optimal sur le clavier et sur le document (300 à 500 lux) tout en n'éclairant que plus faiblement l'écran lui-même pour garder un bon contraste (200 à 300 lux, voire moins pour les écrans à fond sombre). Il faudra également respecter un rapport correct entre l'éclairement de la tâche (ergorama) et celui de l'environnement du poste de travail (panorama). L'oeil, lors du changement de direction du regard, ne doit pas trouver des différences de niveau d'éclairement trop importants, source de fatigue visuelle.

 Les autres facteurs d'ambiance.
Le bruit perturbe l'attention et la communication entre collègues de travail, et peut également être source d'énervement et de stress. Il faut prendre en compte le bruit émis par les équipements du lieu de travail (imprimantes...) pour que les stimuli sonores soient les plus faibles possible, un bruit ambiant dépassant les 60 décibels peut être considéré comme gênant pour la concentration.
Une température convenable (adaptée au travail assis, 20 à 22°), un pourcentage d'humidité suffisant (40% à 60%) et une ventilation correcte seront assurés.

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Le travail sur écran est particulièrement mal vécu lorsque les tâches sont répétitives et monotones, si les logiciels utilisés sont mal maîtrisés, si l'opérateur ne peut prendre que peu d'initiatives
Les effets des composantes visuelle, posturale et mentale se combinent pour entraîner fatigue et troubles musculo-squelettiques, avec baisse des  performances de l'opérateur. Pour éviter ces symptômes, il est conseillé que l'activité du travailleur soit aménagée de telle sorte que son temps de travail sur écran soit périodiquement interrompu par des pauses spécifiques ( vrai temps de repos, les temps d'attente de réponse imposant la surveillance de l'écran ne pouvant être considérés comme des pauses ) ou par des changements d'activité ( alternance avec toute tâche ne demandant pas de regarder un écran). Des pauses fréquentes mais courtes sont plus efficaces que des pauses rares mais longues, surtout si elles sont prises avant l'installation de la fatigue.
¨Par exemple, dans les situations de saisie exclusive, aménager une pause d'un quart d'heure toutes les 2 heures ou bien une pause de 5 min toutes les 45 min selon le contenu de la tâche.

Des exercices physiques, pratiqués lors d'une "gymnastique de pause", peuvent s'avérer utiles en réduisant efficacement l'astreinte musculo-squelettique, en favorisant la circulation sanguine et en reposant les yeux.
On peut ainsi proposer divers exercices oculaires (détacher le regard de l'écran et fixer un objet éloigné, regarder loin dans tous les sens sans bouger la tête), relaxation du cou ('amples mouvements avec les épaules et la tête sans forcer ) et du dos (en position assise, étirer le dos en poussant les fesses vers le bas et la tête vers le haut, en position debout, étirer le dos en essayant de "toucher le plafond" membres supérieurs tendus, et en poussant les talons "dans le sol" ), détente des membres inférieurs…

Information et formation des salariés
L'employeur est tenu de former et d'informer les salariés sur les modalités d'utilisation des postes comprenant un écran. et chaque fois que l'organisation du poste de travail est modifiée de manière substantielle.(nouveaux logiciels…)

 

    
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Page réalisée pal le Dr ACQUARONE Denis , CMTI, NICE                                   
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